Confinement et mode de garde : comment conserver le lien pour les tout-petits ?

Depuis le 17 mars dernier et le début du confinement, la garde des enfants de moins de 3 ans a été chamboulée. Crèches et halte-garderies ont fermé leurs portes et de très nombreuses assistantes maternelles ont fait le choix, à la demande ou non des parents, de ne plus accueillir les enfants. Comment néanmoins garder le lien avec sa nounou, sa crèche, voire même ses pairs ? Parents et professionnels interrogés par Picoti magazine racontent leur expérience.

 

 

Qui dit temps confiné, dit aussi temps passé ensemble. Et c’est ce constat, positif et chaleureux, qui revient dans chacune des paroles de parents de bébés ou de jeunes enfants.

• Christel et Pierre, parents d’Alice, 18 mois

« Notre fille est gardée au sein d’une MAM (maison d’assistance maternelle). Depuis le confinement, sa nounou nous envoie des messages, des photos d’elle et des copains de la MAM. Parfois, des messages audio destinés à Alice, qui est contente de les recevoir et reconnaît bien tout le monde. Mais nous ne faisons pas d’appel vidéo : à son âge, nous ne trouvons pas ça vraiment nécessaire…

Ce qui nous fait réfléchir est plutôt le lien employeur-employé. Plus bureaucratique, moins affectif, mais qui est aussi une question bien présente dans ces temps de crise. Payer les salaires à 100 %, faire appel à la demande d’indemnisation exceptionnelle mise en place par la CAF, la question des vacances… Pour le mois de mars, nous avons versé l’intégralité de son salaire. Mais des questions commencent à se poser pour les périodes à venir.

Tant que nous nous occupons d’elles, nos filles vivent plutôt bien le confinement. Alice est contente de passer du temps avec sa grande sœur de 4 ans et demi et ses parents. Bien sûr, nous réfléchissons sur l’après-confinement, car nous avons en tête le rôle très important de la MAM et de l’école pour les aspects de sociabilité et pédagogiques, qu’on ne peut pas remplacer entièrement. Mais nous essayons de profiter des bons moments, sans angoisser. Il faut juste être créatif pour inventer de nouvelles activités, avoir de la patience et de l’énergie ! Parce que le VRAI problème pour nous, c’est le télétravail, qui devient l’art de jongler ! Mais ça, c’est une autre histoire… »

 

À son âge, nous ne trouvons pas les visio avec sa nounou vraiment nécessaire…

 

• Hélène, enceinte de 8 mois, et Fernando, parents de Paul, 2 ans

« Paul est gardé dans une crèche associative. Aujourd’hui, je suis à la fin de ma grossesse donc nous le gardons avec mon conjoint. Les liens avec la crèche étaient quasi inexistants au début. Un ou deux mails sur le côté administratif. Puis ils ont créé un groupe Facebook où les professionnelles publient des activités manuelles, des recettes et des chansons.

Paul est clairement en demande de sorties. Si l’un ou l’autre met ses chaussures pour sortir, mais que nous ne le prenons pas, il court chercher les siennes pour venir avec nous. Le bon côté, c’est de ne pas avoir d’horaires fixes. On s’est naturellement un peu décalés et cela lui plaît de prendre le temps pour déjeuner, s’habiller… Le manque de place et d’anticipation font que, parfois, je manque de matériel pour faire ce que je voudrais avec lui. J’espère que le retour à la crèche se fera en mai, qu’il puisse être de nouveau dans un groupe car il est un peu sauvage… Et pour le préparer à la rentrée, en septembre.

Pour ma grossesse, comme c’est un deuxième, je vis les choses assez tranquillement. C’est un peu plus fatigant, car j’ai Paul toute la journée. Pour l’accouchement, on a très peu de marge de manœuvre. En cette période, on est loin du projet de naissance et du libre choix des femmes pour accoucher ! Je pense que mon conjoint pourra être présent, mais pas en chambre. Le point négatif, pour moi, ce sera l’interdiction stricte de sortir de la chambre. Et l’organisation pour faire garder Paul au moment de partir à la maternité… »

• Charlotte et Hubert, parents d’Elsa, 11 mois

« Elsa a intégré la crèche à 4 mois, en septembre dernier. Juste avant le début du confinement, une des assistantes maternelles lui a glissé à l’oreille, “ne grandis pas trop vite”… C’était très touchant. Depuis, la crèche nous a envoyé un mail commun pour prendre des nouvelles, proposer des idées d’activités, etc. Nous avons également reçu un message plus administratif, concernant les factures. De mon côté, j’ai envoyé quelques photos d’Elsa pour l’équipe qui s’occupe des bébés.

Le point positif, c’est de suivre l’évolution d’Elsa, jour après jour, et même heure par heure. Ça va si vite à cet âge ! Au début du confinement, elle se tenait tout juste assise. Aujourd’hui, elle se lève, se déplace en se tenant aux meubles, lâche les mains quelques secondes, et ses babillements ressemblent de plus en plus à de vrais mots… Son père et moi partageons notre temps pour nous occuper d’elle, tout en télétravaillant. Son énergie est un bon remède à l’ambiance particulière de cette période.

Même si Elsa semble bien vivre le confinement, je m’interroge : en pleine période d’ouverture au monde, elle se retrouve coincée avec ses parents pour seuls interlocuteurs… Elle commençait tout juste à avoir des interactions avec les autres bébés, elle appréciait le personnel de la crèche, les activités… Cette coupure brutale est vraiment dommage. On redoute le premier matin où il faudra la déposer : ça risque d’être dur pour elle. Une des assistantes maternelles de la crèche habite notre quartier. À Pâques, elle nous a déposé des chocolats. J’ai trouvé cela très touchant. Elle espère que la crèche ouvrira avant septembre, pour pouvoir revoir les enfants. La coupure est difficile pour elle aussi, il y a forcément de l’affect… »

Son énergie est un bon remède à l’ambiance particulière de cette période !

 

• Audrey, directrice de crèche

« Depuis le début du confinement, je suis une vraie détective pour chercher des idées ! Tous les deux ou trois jours, j’envoie des défis aux parents, des activités manuelles. Avec une psychomotricienne, nous faisons des vidéos de parcours ou d’activités motrices. J’envoie de la lecture sur comment gérer les émotions de leurs enfants et les leurs. Je prends soin d’eux aussi en leur envoyant des recettes simples et peu caloriques, des soins maison, etc. Tout ça pour garder les liens et s’assurer que tout le monde va bien. Pour moi, le côté positif de ce confinement est que je retrouve mon âme d’éducatrice de jeunes enfants… »

 

 

• Marie, assistante maternelle à domicile

« Lors de la mise en place du confinement, les parents des enfants ont préféré assurer leur garde, à la maison. Ce que je comprends tout à fait. Je venais de finir l’adaptation d’un bébé de 4 mois. Alors, forcément, je m’interroge : que faire de la relation établie avec un tout-petit quand elle est suspendue brutalement et pour une durée indéfinie ? Les parents proposaient de faire des Skype, mais j’ai été réticente, car on ne se connaît pas depuis longtemps et que je suis tout simplement mal à l’aise et peu naturelle avec ces outils. J’ai demandé conseil à une psychologue, pour savoir ce qui était le mieux pour les enfants. Pour moi, avec le tout-petit, il faudra recommencer cette adaptation et être le plus accompagnant possible. »

 


Et vous, comment se passe ce lien avec votre nounou, votre crèche, les parents si vous êtes professionnels ? Racontez-nous votre expérience !

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Parmi les nombreux sites et groupes de soutien que nous avons pu voir émerger durant cette période si particulière, la rédaction de Picoti vous conseille les deux plateformes suivantes. Elles proposent aux parents et aux professionnels des articles vérifiés, des réponses à vos questions directes, du soutien, de l’écoute :

http://www.enfance-et-covid.org/

https://www.mpedia.fr/art-coronavirus-reponses-experts-questions-parents/

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