Les repas de bébé

Petit pot ou purée « maison » ? Quelle quantité ? Quand commencer la diversification alimentaire ? Entre les contraintes du quotidien, les conseils de l’entourage et les recommandations des pédiatres en constante évolution, difficile de trouver le menu idéal pour bébé ! Picoti vous aide à y voir plus clair…

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Ces dernières années, l’alimentation des bébés a évolué en même temps que la société. « Les parents travaillent de plus en plus et consacrent moins de temps à la cuisine, constate la nutritionniste Manon Mounier. Ils ont tendance à donner aux tout-petits des produits alimentaires industriels. » Et, après tout, pourquoi pas ?

Des petits pots de bonne qualité

Les spécialistes améliorent chaque jour leur connaissance des apports alimentaires nécessaires à la bonne croissance des bébés. Les industriels ont su tenir compte de ces avancées et adapter la composition de leurs produits. Par exemple, les nutritionnistes ont constaté au début des années 2000 que le régime alimentaire des bébés était globalement trop riche en protides : depuis, les petits pots en contiennent moins. Ils sont aussi enrichis en vitamines et en oligo-éléments afin de prévenir le rachitisme et l’anémie. « Pour répondre à la demande des parents, qui souhaitent que leur bébé mange équilibré, les industriels ont créé de nouvelles gammes avec des produits plus sains et plus variés », précise Manon Mounier. Résultat ? Les petits pots sont aujourd’hui tout à fait adaptés. De plus, ce sont les produits les plus contrôlés de l’industrie agro-alimentaire.

Le choix du lait en poudre

Les laits en poudre industriels sont également de très bonne qualité. Depuis leur invention au début du xxe siècle, leurs formules n’ont cessé de se perfectionner. Les mères ne voulant ou ne pouvant pas allaiter disposent donc de produits qui, s’ils ne peuvent prétendre remplacer le lait maternel, sont au moins d’excellents substituts. Il faut toutefois choisir avec attention, en fonction des composants, celui qui conviendra le mieux à bébé et éviter de changer de marque trop fréquemment.

Non aux mauvaises habitudes !

Attention aux produits industriels non expressément destinés aux bébés ! Il peut être tentant d’en donner à son tout-petit mais ils sont trop riches en graisses et en glucides pour lui. D’autres mauvaises habitudes doivent être évitées, comme saler ses plats : en effet, les reins d’un bébé ne sont pas assez matures pour excréter le surplus de sodium.

La façon de prendre le repas a aussi son importance. « Dans beaucoup de familles, le repas est pris devant la télé, sans communication et bien trop rapidement, souligne Manon Mounier. Non seulement la digestion ne peut pas se faire correctement dans ces conditions mais, en plus, cela fait perdre aux tout-petits la conscience de ce qu’ils mangent. Ils ne distinguent plus vraiment les ‘bons’ aliments des ‘moins bons’ ». Ils développent alors une préférence pour les aliments gras et sucrés, ce qui explique en partie l’augmentation de l’obésité infantile depuis une quinzaine d’années. « Les enfants ont aussi souvent un libre-accès à la nourriture, ce qui n’arrange rien, ajoute Manon Mounier. Les parents doivent veiller à leur donner les quantités adéquates en fonction de leur âge. »

Une multiplication des allergies alimentaires ?

Voilà un autre sujet qui inquiète les parents : les allergies, dont les cas semblent actuellement en hausse. « En fait, ce n’est pas le nombre d’allergies qui augmente mais celui des cas dépistés, rectifie Manon Mounier. Les pédiatres et les parents portent une plus grande attention au bien-être du bébé et ils détectent plus facilement ses allergies. »

Pour diminuer le risque, les spécialistes des années 2000 conseillaient de retarder au-delà de 6 mois l’introduction de certains aliments comme le céleri, le poisson ou les œufs. Selon de nouvelles recommandations, validées en 2009 par l’ESPGHAN (Société européenne de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatriques), le contact avec les allergènes ne doit en fait avoir lieu ni trop tôt… ni trop tard ! Manon Mounier confirme : « Il est désormais conseillé de commencer la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois, tout en tenant compte d’un éventuel terrain allergique familial. » Plus précisément, il s’agit d’introduire les légumes et les fruits entre 4 et 5 mois, puis la viande, le poisson et les œufs à partir de 5 mois. Le lait de vache, quant à lui, ne doit pas être introduit avant 1 an.

En cas de doute…

Pas facile, pour les parents, de maîtriser toutes les subtilités de la nutrition infantile ! Heureusement, les nutritionnistes sont là pour répondre aux questions. Leurs connaissances sont de plus en plus poussées et, pour une meilleure prise en charge, ils sont aujourd’hui aussi formés en psychologie pédiatrique. Manon Mounier reçoit régulièrement des parents de tout-petits en consultation. « Ils sont souvent désemparés, mais je peux les aider pour la diversification alimentaire ou en cas d’allergie du bébé », rassure la spécialiste.

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Du bio pour bébé

Aujourd’hui, les produits bio pour bébés ne manquent pas ! Ils présentent certains avantages : des saveurs originales, une plus forte teneur en vitamines et en antioxydants et un meilleur respect de l’environnement. Les petits pots classiques, eux aussi soumis à une réglementation exigeante, ne sont pas moins sûrs : bio ou non, ils ne contiennent ni colorants, ni conservateurs, ni édulcorants, ni OGM et leur taux de pesticides est proche de zéro. En revanche, si vous cuisinez vous-même les repas de bébé, choisissez des ingrédients bio : les ingrédients classiques, pas spécifiquement destinés aux bébés, renferment toujours plus de polluants !


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Manon Mounier est nutritionniste et diététicienne, spécialiste dans la prise en charge de l’obésité de l’enfant et de l’adolescent. Elle travaille dans un cabinet pédiatrique à Carpentras.

 


Dossier réalisé par Elise Rengot.

Illustration : © Laurent Simon

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