Les bébés nageurs
Les bébés nageurs
Vous êtes tentés d’emmener votre tout-petit chez les bébés nageurs ? Pour vous, l’équipe de Picoti s’est jetée à l’eau et a observé les bébés en activité ! Récit d’une matinée joyeuse et animée…
Le grand saut et les petits sauts !
Il fait froid ce matin… pourtant, après avoir retiré bonnets et manteaux, Alicia, Mathis, Lilou et Martin sont prêts à se mettre à l’eau. Pour accueillir les enfants, Claire Garrigues, maître nageur et responsable du centre, a chauffé la piscine. 34 °C environ dans l’eau (presque autant dans la pièce !), une piscine surélevée et de taille moyenne pour ne pas impressionner les enfants. Dans l’eau, flottent déjà des frites, des tapis, des balles et de multiples jouets gicleurs. Mathis, 2 ans, est accompagné de sa maman et de ses deux grandes sœurs. Il n’hésite pas un instant : quelques minutes après son entrée dans l’eau, il veut en sortir… pour mieux y sauter évidemment ! Il est bientôt suivi par Martin, 2 ans également, et tout autant d’énergie. « À cet âge, les enfants commencent à se déplacer dans l’eau à l’aide de brassards ou en tenant une frite », explique Jean-François, le maître nageur. Le plaisir du jeu est évident, on s’éclabousse, on rit, on saute dans l’eau. « Pour inciter les plus grands à bouger et à s’éloigner un peu du parent, on leur pro-
pose de coller des animaux sur le liner
de l’autre côté du bassin », commente Jean-François. Avec ces allers-retours, Martin a lâché sans même s’en rendre compte les bras de sa maman… Et peut s’élancer sans appréhension sur le toboggan !
De grandes étapes à passer…
Comme l’explique Jean-François, « l’enfant est amené progressivement vers des étapes clés : lâcher le parent, mettre la tête sous l’eau, se mettre sur le dos, se déplacer. Chacun à son rythme, rien n’est obligatoire, rien n’est forcé ». Lilou, 13 mois, a réussi à mettre la tête sous l’eau la semaine dernière. Ce matin, ses parents sont impatients de recommencer l’expérience. Ils se mettent à environ un mètre et invitent Lilou à aller de l’un à l’autre, en la faisant glisser à la surface dans un premier temps, puis en la lâchant progressivement, jusqu’à ce que Lilou « nage » sous l’eau. « Le passage sous l’eau est une étape clé pour les bébés nageurs, indique Claire, mais elle est souvent redoutée par les parents. Pourtant, jusqu’à un an, les enfants ne boivent pas la tasse, ils ont un réflexe de fermeture du clapet. S’ils prennent l’habitude d’avoir la tête sous l’eau, ce réflexe perdure et les enfants y prennent goût. » Lilou ne semble pas bouder ce plaisir et réitère l’exploit plusieurs fois. Sa maman nous explique ensuite que c’est parce qu’elle-même a peur de l’eau qu’elle a souhaité venir ici avec sa fille. C’est finalement un moyen de ne pas lui transmettre ses propres angoisses… « Au tout début, explique Claire, on propose au parent de tenir l’enfant face à soi, de compter jusqu’à trois et d’aller sous l’eau avec lui en le regardant. » Un exercice proposé à Alicia, 4 mois, et son papa. Mais la petite fille n’est pas décidée ce jour-là, sans doute un peu fatiguée. « On essaiera une prochaine fois », rassure le maître nageur. Son rôle est de proposer des activités, de guider les gestes. Aux parents et aux enfants de tester ou pas.
Un doux moment de complicité…
En début de séance, Alicia est entrée en contact avec l’eau, bien enserrée dans les bras de son papa. La petite fille semble calme et apaisée, malgré les « grands bébés » qui s’agitent autour d’elle. Couchée ensuite sur un tapis, elle attrape des balles et des animaux, prend contact avec l’eau. Puis, entourée d’une frite pliée en deux, Alicia prend confiance. « Grâce à cette posture, explique Claire, Alicia balance ses jambes d’avant en arrière, position qu’elle ne peut découvrir que dans l’eau pour le moment. » Puis retour dans les bras de Papa, pour une dernière promenade aquatique et câline. C’est la fin de la séance, les enfants sont encore pleins d’énergie « mais la sieste sera plus longue que d’habitude ! », nous confie une maman. Pour le papa d’Alicia, pratiquer les bébés nageurs avec son nouveau-né est presque une évidence. « C’est la seule activité collective pour des bébés aussi petits, nous explique-t-il. Et j’avais envie de partager ça
avec Alicia. » Plus qu’une activité sportive ou un apprentissage de la nage, une séance de bébés nageurs est avant tout un moment privilégié à partager avec son enfant. Et à observer Martin, Alicia, Lilou, Mathis et leurs parents, on n’en doute pas un instant !
Merci à l’équipe de la Bulle d’eau pour son accueil.
Propos recueillis par Émilie Bélard
L’avis du pédiatre
« Pour participer aux bébés nageurs, la loi exige un certificat médical attestant que l’enfant a reçu deux injections de DTP. Le risque d’infection ORL et bronchique est augmenté chez certains bébés et, en hiver, pour tous les bébés. Il n’est pas conseillé de pratiquer cette activité quand un bébé souffre d’otites à répétition et de bronchiolites. Quand à la chloramine (mélange de chlore et d’azote), des études récentes ont montré qu’elle peut être toxique à forte dose et sur une longue exposition, ce qui n’est probablement pas le cas avec une séance par semaine. »
Dr Jacky Israël
Bébé, dis-moi pourquoi tu pleures , Érès.
Plus d’infos sur : www.labulledeau.com
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